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La MacroGlobulinémie de WALDENSTRÖM

La découverte

En 1944, Jan Gosta Waldenström (1906-1996), un médecin suédois, identifiait un état pathologique rare dans lequel les patients présentaient un épaississement de leur sérum sanguin. Il décrivit l'état de deux patients qui avaient des saignements de la bouche et du nez, ainsi que des hémorragies dans la rétine. Le nombre de leurs globules rouges et de leurs plaquettes étaient bas, leurs vitesses de sédimentation élevées, leurs ganglions lymphatiques gonflés. Une biopsie de la moelle osseuse montra un excès de cellules lympho-plasmocytaires, sans qu'il n'y ait pourtant de douleurs dans les os, comme dans le cas d'un myélome multiple. Ces patients présentaient un grand nombre de cellules inconnues d'un poids moléculaire extrêmement élevé (il s'agissait de ce qu'on appelle aujourd'hui des IgM). Ils avaient, comme il l'a décrit en 1961, une "gammapathie monoclonale".


Description du National Cancer Institute

La macroglobulinémie de Waldenström est un cancer chronique rare, qui est catalogué comme néoplasme des plasmocytes. Il affecte ces cellules qui se développent à partir de cellules sanguines dites lymphocytes B, ou cellules B.

Les cellules B se forment dans les ganglions lymphatiques et dans la moelle osseuse, ce tissu mou et spongieux, localisé dans la partie interne (médullaire) des os. Elles constituent une composante importante du système de défense immunitaire. Certaines cellules B deviennent des plasmocytes qui produisent, stockent et libèrent des anticorps. Les anticorps aident l'organisme à combattre les virus, les bactéries et d'autres substances étrangères.

Dans le cas de la macroglobulinémie de Waldenström, les plasmocytes se multiplient hors de tout contrôle. Ils envahissent la moelle osseuse, les ganglions lymphatiques et la rate. Ils produisent en quantité excessive un anticorps appelé IgM, cet excès d'IgM provoquant une hyperviscosité (épaississement) du sang.

La macroglobulinémie de Waldenström survient généralement chez des personnes de plus de 65 ans, mais aussi chez des personnes plus jeunes. Un examen des registres du cancer aux Etats-Unis montre que la maladie est plus fréquente chez les hommes que chez les femmes, et parmi les blancs que parmi les noirs.

Certains patients ne présentent pas de symptômes. D'autres pourront avoir des ganglions ou la rate gonflés, ressentir de la fatigue et des maux de têtes, avoir des pertes de poids, une tendance à saigner facilement, des problèmes de vision, ou encore présenter des signes de confusion mentale, avoir des étourdissements et des difficultés de coordination. Ces symptômes sont souvent dus à l'épaississement du sang. Dans des cas extrêmes, la présence d'IgM en quantité excessive peut conduire à un arrêt cardiaque.

Le diagnostic d'un macroglobulinémie de Waldenström dépend généralement des résultats d'examens du sang et des urines, et d'une biopsie de moelle osseuse. Pour ce test, une aiguille est introduite dans un os et une petit quantité de la moelle osseuse est prélevée, puis examinée au microscope.

Le traitement de départ de la macroglobulinémie de Waldenström est déterminée essentiellement en fonction de la viscosité du sang. Le patients présentant une hyperviscosité bénéficient habituellement d'une chimiothérapie (emploi de médicaments anticancéreux). On peut également avoir recours à la plasmaphérèse pour réduire des symptômes tels que saignements excessifs et vertiges. La plasmaphérèse est un processus par lequel on prélève le sang du patient que l'on fait passer dans un dispositif séparant le plasma (qui contient les anticorps IgM) des autres constituants du sang (globules rouges, globules blancs et plaquettes). Les globules blancs et les globules rouges ainsi que les plaquettes sont réinjectés dans l'organisme avec un substitut du plasma. L'interféron alpha, un traitement biologique (traitement qui stimule le système immunitaire pour combattre le cancer), peut aussi aider à soulager de certains symptômes Pour le contrôle à long terme de cette maladie, les médecins combinent généralement chimiothérapie avec plasmaphérèse.

Les chercheurs espèrent trouver des solutions plus efficaces pour traiter la macroglobulinémie de Waldenström en conduisant des essais cliniques avec de nouveaux médicaments anticancer, par le combinaison de certaines médicaments et avec de nouveaux traitements biologiques. Des informations sur les essais cliniques en cours sont disponibles au Cancer Information Service ou sur le site Web du National Cancer Institute

Cette fiche d'information a été revue le 20 janvier 1999.
National Cancer Institute Information Resources.


Les symptômes

Beaucoup de patients ne présentent pas réellement de symptômes. Si le diagnostic arrive relativement tôt, il peut avoir été fait par accident à partir d'un test sanguin réalisé pour une raison tout à fait autre. Même quand des symptômes apparaissent, ils peuvent être totalement différents d'une personne à l'autre. En d'autres termes, la macroglobulinémie de Waldenström se manifeste d'une façon singulière et unique. Cela dit, il y a un certain nombre de problèmes récurrents que les médecins rencontrent chez les patients et qui sont généralement mentionnés dans les manuels:

1. Augmentation de la taille de la rate, du foie et des ganglions lymphatiques.
2. Fatigue, résultant généralement d'anémie (insuffisance de globules rouges).
3. Tendance à saigner et à avoir des ecchymoses facilement (insuffisance de plaquettes).
4. Sueurs nocturnes.
5. Migraines et vertiges.
6. Différents problèmes de vision.
7. Douleurs ou engourdissement des extrémités.


Le pronostic

Dès que l'on dit à une personne qu'elle a une maladie incurable, spécialement si le mot cancer est prononcé, une question surgit: "J'en ai pour combien de temps, docteur ?" Dans le cas de macroglobulinémie de Waldenström, on ne peut pas réellement savoir.

C'est une maladie que l'on peut traiter, et de nouveaux et plus efficaces médicaments sont constamment découverts. Un des objectifs d'IWMF est de réunir des fonds, de proposer une orientation et de trouver des patients disponibles pour l'expérimentation jusqu'à ce que de meilleurs traitements permettent une guérison réelle et définitive.

Traditionnellement les manuels indiquent une espérance de survie de cinq à sept ans à partir du diagnostic. Mais cette vision prudente est en train de changer. Ce n'est, après tout, qu'une donnée purement statistique. Des membres d'IWMF, qui savent avoir une Macroglobulinémie de Waldenström depuis 25 ans, vivent toujours normalement. Un médecin à qui l'on pose cette question peut, par prudence, vous donner cette fourchette de cinq à sept ans, mais on peut aussi vous dire qu'il est plus vraisemblable de mourir avec la macroglobulinémie de Waldenström, que d'en mourir.


Les traitements

IWMF ne prescrit ni ne recommande un quelconque traitement. C'est le travail que vous attendez de votre hématologiste. Le fait est qu'il n'y a pas de traitement homologué officiellement. La macroglobulinémie de Waldenström est souvent appelée maladie "orpheline". Parce qu'elle est rare, on n'a pas entrepris beaucoup de recherches pour permettre l'établissement d'un traitement spécifique. Au lieu de cela, les médecins regardent ce qui marche pour des maladies qui lui sont proches, comme le myélome multiple et le lymphome lymphocytaire chronique, puis pratiquent des approches similaires. C'est une des raisons pour laquelle nous avons donné des fonds aux chercheurs qui s'intéressent plus particulièrement à cette pathologie.

Quoique nous ne recommandions aucun traitement, nous avons publié, à l'intention des patients et de leurs médecins, une brochure intitulée "Treatment Options, A Handbook for Patients" (disponible en français), qui décrit les méthodes de traitement les plus utilisées par les médecins pour traiter la macroglobulinémie de Waldenström. Vous pouvez l'obtenir en la demandant à notre siège administratif : IWMF, 2300 Bee Ridge Road, Suite 301, FL 34239 (Etats-Unis).

Un conseil: la macroglobulinémie de Waldenström est si rare que certains hématologistes ne l'ont jamais rencontrée. Cela peut en soi ne pas être négatif. Mais soyez alors certain que la personne qui vous soigne est décidée à trouver un praticien qui en a l'expérience et à échanger avec lui ses observations. Cette maladie est pleine de traquenards, et peut donc être source d'embûches...

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Réalisation: lavillerose.com - Traduction: Freddy Bastin -  iwmf © 2002